mercredi 7 novembre 2012

Le bruit de l'eau dans la fontaine




Collée à mon banc,
l'être multiple fond dans,
l'étrange errance.
Silence,
se pose,
attentif,
le bruit de l'eau dans la fontaine.
Les heures ne passent plus.
Le temps,
ses graines,
son infini constance.
Entre
inconstance et oubli,
il y a,
 quelque part
 où je suis.
L'endroit
 je ne sais plus,
l'allant vers
 c'est perdu,
sans importance.
C'est oublier pour ne pas oublier d'être
La mort sait sans dire le silence d'un naitre ,
le son de l'entre deux,
les mots couverts,
l'absence déchirée,
la présence d'un être.



NB : note "remontée" du 21 sept 2011

jeudi 1 novembre 2012

De l'appareil photo à la mitraillette



Ce matin, je pars en ballade, pas loin, juste à coté, mon appareil autour du cou, le soleil est au rendez-vous. je me régale des gouttes de rosée qui perlent  le vert de l'herbe, du chant rouge des feuilles d'automne et même des terrasses de café encore vides mais emplies de lumière ....  Je croise en chemin un homme, un Syrien et l'on échange quelques mots sur la photographie, les oiseaux, et sur son pays, Il me dit que d'ou il vient, ce n'est pas la photo ni la poésie et que l'on porte en bandoulière. Hier deux enfants sont venus sonner à sa porte pour lui demander des bonbons et cela l'a fait pleurer, cela l'a fait pleurer de voir de l'innocence et de la joie chez ces enfants.
Puis on a parlé de la guerre. Je ne suis pas les actualités. Mais même lorsque l'on ne suit pas les actualités, il est difficile d'y échapper. Il semblait tellement désolé de toute ces armes qui se vendent , de cet argent qui part dans les balles, de cette escalade de violence.
Que répondre à cela ?
Cet homme pourtant semblait vide de toute révolte, mais pas non plus fataliste. je ne sais  dire ce qui émanait de cet être. Une sorte de sagesse ?  Il m'a raconté que son père et avant lui son grand père  disait qu'un homme, un vrai n'avait rien d'autre a acheter pour sa subsistance, que du sel et du sucre et parfois un peu de café lorsqu'il y avait des invités. Il m'a raconté le miel de son enfance, les champs de blés et les grandes tranches de pain.

Nous nous sommes salué et nous sommes parti chacun de notre coté, je pense qu' il y a de cela  un milliard d'années nous nous étions donné rendez-vous à la croisé des chemins pour échanger ces mots. Ces mots m'ont fait du bien malgré les sujets abordés, peut-être parce que j'étais soulagée de ne porter en bandoulière qu'un appareil photo.



mardi 23 octobre 2012

Obscurité



On ne chasse pas l'obscurité, 
c'est elle qui nous fuit lorsqu'on allume la Lumière.

lundi 15 octobre 2012

Rue des rêves...


L'Automne est un voyou, il vole les feuilles des arbres.
Et les feuilles des arbres ne traversent jamais dans les clous.
Alors, je me suis  hissée dans le vent, et je lui ai chipé quelques mots.
J'avais tous noté sur une feuille volante que j'avais glissée dans mon sac.
Mais impossible de la retrouver, pourtant j'en avais attrapé de beaux.
Puis tes yeux se sont mit a pleurer,
alors j'ai trempé ma plume dans l'eau de ton regard,
et j'ai dessiné des étoiles dans ton ciel au milieu du brouillard .
Un sourire à éclairé ton visage,
Ce sourire à tissé la lumière et les ailes des oiseaux de passages, 
 pour inventer des paysages,
qui t'ont porté un peu plus loin, 
très loin du passage piéton...

A l'Automne les feuilles des arbres ne traversent jamais dans les clous
Mais elles te soufflent au creux de l'oreille de céder le passage rue des rêves...




dimanche 14 octobre 2012

Faire sans cesse l'effort ... Bobin

Faire sans cesse l'effort de penser à qui est devant toi, lui porter une attention réelle, soutenue, ne pas oublier une seconde que celui ou celle avec qui tu parles vient d'ailleurs, que ses goûts, ses pensées et ses gestes ont été façonnés par une longue histoire, peuplée de beaucoup de choses et d'autres gens que tu ne connaîtras jamais. Te rappeler sans arrêt que celui  ou celle que tu regardes ne te doit rien, ce n'est pas une partie de ton monde, il n'y a personne dans ton monde, pas même toi. Cet exercice mental - qui mobilise la pensée et aussi l'imagination - est un peu austère, mais il te conduit à la plus grande jouissance qui soit : aimer celui ou celle qui est devant toi, l'aimer d'être ce qu'il est, une énigme - Et non pas d'être ce que tu crois, ce que tu crains, ce que tu espères, ce que tu attends, ce que tu cherches, ce que tu veux.

Christian Bobin - Autoportrait au radiateur.

vendredi 12 octobre 2012

dimanche 30 septembre 2012

L'Amour - Christan Bobin



‎"L'amour nous fait toucher au coeur perdu du monde avec infiniment d'égards et de délicatesses, comme dans un rêve on voit une porte qui s'ouvre devant nous sous notre seule intention de l'ouvrir, avant que nous ayons posé la main sur la poignée."

Christian Bobin L'Eloignement du monde.

samedi 29 septembre 2012

Le rideau est tombé


Le rideau  est tombé. Une pluie fine, ténue courbe l'arc du ciel. Là, le soleil se glisse,  entre les gouttes lisses .De ses rayons il tisse les rondeurs de l'eau.  Là, les couleurs vibrent comme une musique céleste et l'eau ne pleure plus. Elle sourit. Et la vie qui s'oublie nous offre ce sourire. D'autres sourires fleurissent déjà au pied de l'arc en ciel. Pour que chante la terre, de grandes gerbes de rire dégringolent sur le sol. La terre est danse. Elle respire la pluie, elle aspire les couleurs du temps qui se fondent en elle comme un silence dans le désert.
Pourtant, au cœur de l'automne, au milieu du bruissement des arbres , entre chaque frémissement du vent ,l'on entend blêmir des couleurs. Au milieu des douleurs de l'enfantement du monde , l'on peut voir gémir des couleurs sans pour autant qu'elles ne se meurent. Ces couleurs se donnent, elles déchirent l'or de leurs manteaux . Dans leurs robes écarlates, elles se meuvent et se mêlent aux chairs de la terre. Aux Mères souterraines, aux Mères souveraines elles reviennent.  Elles portent en elles le germe d'une vie nouvelle. Et si l'automne plonge ainsi ses bras d'or dans le ventre brulant de la terre, c'est pour mieux accoucher du soleil ...


vendredi 17 août 2012

l'araignée au bord de rivière

source photo : internet


Un jour, alors que j'étais au bord de la rivière, je me suis assoupie quelques instants sur un lit de terre et de feuilles, j'ai tourné la tête et je me suis trouvé nez a nez avec une Dame Araignée, elle se trouvait dans une drôle de posture. Je pensait au début qu'il s'agissait de deux araignées collées une a une par le thorax, mais en y regardant de plus près, en l'observant, je me suis aperçut qu'elle extirpait sa dernière patte de son ancienne peau. Elle semblait épuisée, vulnérable et son corps tout mou était recouvert d'une fine peau élastique et non plus d'une carapace, je suppose que c'est ce ce qui lui permettait de grandir, d'abandonner ses anciens contours, sa carapace, et se vêtir de contour souple le temps de la croissance, et il est certain que pour elle cette opération est risqué, elle est fragilisé, mais c'est aussi ce qui lui permet de grandir.
Laissez ses contours en adopter d'autres plus souple, élargir son espace intérieur permet de grandir, d'évoluer.  

lundi 30 juillet 2012

Le vol du papillon




On n'attrape pas un papillon, c'est le papillon qui tient notre regard captif et qui le soumet à son vol. Là absorbé par sa beauté, par la légèreté poudrée de ses ailes, nous oublions notre propre lourdeur, nous devenons aile de papillon, et ce n'est pas là s’échapper mais advenir à la légèreté.
Nous voudrions nous laisser porter par l'aile du papillon, mais lui ne peut porter que notre regard, jusqu'au plus loin, jusqu'au plus beau d'une unique respiration. Il ne sait porter qu'un instant la lumière du soleil .  
De même le vent ne sait modeler  dans l' herbe que d’éphémères danses. Il n'y a rien a prendre dans tout cela simplement se soumettre à leur beauté. La beauté irradie au travers la limpidité d'un regard qui s'oublie. 

Quelle merveille que de sentir les mots nous traverser et quelle merveille  de les laisser partir... Les mots ne nous appartiennent pas, pas plus que le vol du papillon, ni même que la vie. Ces mots nous traversent et parfois nous bouleversent et c'est là leur beauté, ils sont nos passagers, ils dessinent sur nos rêves l'éclosion d'un printemps, la chaleur d'un été , mais aussi la mélancolie d'un automne ou la rudesse d'un hiver.
On ne retient pas le vol du papillon, simplement il nous faut le goûter du bout des lèvres , du bout de nos rêves, là où par transparence se dévoile  le parfum du silence, là où de la musique des mots s’échappe une fragrance qui porte notre cœur  plus haut.

lundi 9 juillet 2012

La rosée fuit déjà



une lune inclinée posée sur un ciel bleu,
quelque gouttes de rosée courbe le vert de l’herbe,
un soleil timide caresse du regard les épaules du matin
Pourtant il y a comme un malaise que tu ne sais nommer,
et toute cette beauté...
tu attaque cette  journée et puis tu te ravises,
tu vas plutôt lui faire l’amour ...
Le malaise se dissipe,
La rosée fuit  déjà dans la lumière du jour.

dimanche 1 juillet 2012

Vivre comme un poème



Un soleil muet chante dans la grisaille .
tu souris à la vie,
L'ivresse d'aujourd'hui danse dans les yeux des morts,
Et tu es amoureuse, 
amoureuse de l'instant, 
amoureuse du vivant.
La vie comme un poème pose un regard nouveau sur le contours des choses.
Tu respires la beauté et la couleur des mots.
Et tu danses ces mots dans les rondeurs d'un geste.
Vivre comme un poème,
Et chaque jour lâcher du lest.
qu'Il ne reste d'hier que l'onde translucide d'un regard qui s'oublie,
 dans cette brume légère qu'on appelle l'amour.
  Une présence simple,
une  vibration subtile,
 les battements d'un cœur nu,
le chuchotement du vent .
La vie est un poème que tu as oublié.
ton cœur connait le rythme,
ses mots coulent dans ton sangs.
La poésie sait rendre la beauté de ce monde.
Elle puise dans le clair autant que dans l'obscur,
Et chante la diffèrence autant que l'harmonie..
Elle embrasse chaque être entre ses ailes brulantes .
et révèle l'enfant surpris dans son sommeil à la lumière d'un jour que son regard fait naître.

dimanche 24 juin 2012

L' immobile sourire




On n'enferme pas un sourire entre les lignes d'un regard. On ne le lit pas. On ne le plie pas. On ne le range pas dans sa poche. Un sourire n'a pas de mémoire et il n'a pas d'histoire. Pourtant un sourire s'inscrit au plus profond, du plus profond. Il chante au cœur du chœur. Il danse, et transperce tes cellules au plus cher de ta chair. Ainsi, il ouvre les portes du temps. Il est cet éternel instant où tu t’oublie, où tu deviens l'infini en mouvement.

mercredi 6 juin 2012

Seul Two



SEUL TWO
*



TWO SEULS



Extrait de Dialogues avec l'ange :
Vendredi 21 janvier 44
Entretien 31 avec Gitta

"Il n'y a pas d’esclavage, mais il y a la loi.
La loi pour vous, c'est d'être unis,
et c'est la liberté pour vous.
Séparément vous êtes des esclaves. Unis, vous êtes libres.
La voie est libre, et IL vous sourit"

Vendredi 21 janvier 44
Entretien 31 avec Lili :

"-Je prends la parole. Je continue à parler de la mesure.
La tâche de l'animal est centrée sur lui-même.
Il ne se réjouit que de ce qui est à lui.
Son air, sa nourriture, son petit.
S'il va bien, il se réjouit de tout.
Il vit dans un cercle qui s'appelle : lui même.
Ce qui est à l'intérieur du cercle, il l'absorbe,
car il centre tout sur lui même : créature.

C'est juste le contraire chez l'homme.
SA mesure et votre joie sont
ce que vous rayonnez au-delà du cercle.
Et c'est incommensurable.
L'homme est rempli, il rayonne -
et cela ne suffis jamais,
donc sa joie n'a pas de mesure.
C'est le secret de la Vie Éternelle."


NB: Je voudrais simplement ajouter que j'ai découvert Dialogues avec l'ange dans une note de Nout : ici : Berceau de la joie ,

dimanche 3 juin 2012

Le parfum des fleurs


Peux-t'on saisir le parfum des fleurs ?
Le parfum de ces fleurs croisées en bordure d'escalier,
peut-on le partager ?

mardi 29 mai 2012

Aimer comme un jour de pluie





Il pleut, tu entres dans ta voiture,  pour remonter les vitres 
De 18h17, l'on passe à 18h18 , l'heure double.
Et lorsque tu glisses ta clef  dans le contact, la Radio s'allume et Une voix chante « I just cant stop loving you, » . La pluie s’accélère et tape contre le par-brise , la vitre se ferme, et toi tu souries . Tu as fini mais tu t'attardes  un peu, tu goutes encore les vibrations de la pluie sur la carlingue. Et cette Voix à la radio, c'est comme si toute la vie emplissait l'instant et te disait "je t'aime"  . Tu sors de la voiture , il pleut encore plus fort, le vent souffle en bourrasque.  Tu es pied nus, tu respires tellement mieux.  Pieds nus, tu accroches la terre et tu la sens sous tes pieds , humide, tendue vers le ciel ...


Tu passes le portail et  tu traverses le parfum des roses. Le vent souffle si fort que les pétales se détachent et s'envolent par dizaines . Ils recouvrent le sol d'un duvet de velours . Toi , les pieds nu sous la pluie tu avances comme une reine dans ce nuage rose. Et la terre, et le ciel entier vibre avec toi. Le tonnerre gronde, des éclairs zèbrent le ciel. Et tes pieds te disent : danse ! Danse comme tu aimes. Danse comme la terre dans le parfum des roses. 




 *

vendredi 25 mai 2012

Un pas - Gandhi


"Un pas à la fois me suffit."

 Gandhi


Hier je cherchais, mais quelle est donc cette phrase de Gandhi qui nous parle de pas.

Et aujourd'hui, que  je ne cherche plus,  je lis ces mots que le hasard  m'apporte.

Respiration



Aimer
est une distance.
L'amour nait de la distance
comme la présence se révèle  en l'absence
comme un silence   
comme un sourire qui s'oublie


Et mourir 
c'est s'ouvrir chaque instant à la vie 

Puisque

Le pas léger du silence te porte bien plus loin que tes yeux.
Regarde, tes nuits sont blanches, le soleil veille, 
ton regard courbe l'horizon mais ne fuit point, 
Lève un peu la tête afin que mes yeux nagent dans ton regard.
Le sens-tu a présent ?
Le souffle ne  retient rien.
C'est toi qui oublie de respirer, 
et ton regard se meurt noyé dans le passé.
ne retiens rien 
respire

Chute



On n'enferme pas les mots en cage,
On les met sur son porte bagage, 
Et on pédale avec le vent

lundi 21 mai 2012

Pause dans le presque



"Christian Bobin Tout est une question d’air et de respiration. C’est l’encombrement qui nous rend malhabile, et qui nous fait parfois, suffoquer. On a besoin de connaître des choses telles que l’ennui, le manque, l’absence, pour connaître la présence, la joie et l’attention pure. On a besoin d’une chose pour aller vers une autre. Par exemple, j’aime beaucoup les livres, mais j’ai remarqué que je trouvais les plus intéressants dans les toutes petites librairies perdues, qui n’en vendent que très peu ; comme si c’était là que certains livres m’attendaient depuis très longtemps. Alors que je ne les aurais pas vu dans un grand étalage, parmi mille autres choses. Cette pensée va dans le sens exactement inverse de celui qui a créé Internet. À la racine d’Internet, il y a le désir qu’on ait tout, tout de suite. Que surtout nul ne souffre plus d’un manque. Or, je pense que c’est une souffrance que d’avoir tout à sa disposition, sans intervalles. On devient soi-même comme une chose au milieu des choses. Alors qu’on a besoin que certaines vitres de la maison soient cassées. Et que le vent entre ! Besoin de certains défauts, de certains manques, de certaines brisures, pour pouvoir respirer."

"La voie scientifique vous met entre les mains des documents extrêmement nombreux, de plus en plus précis, qu’il vous faudra plus qu’une vie pour lire. Et puis, vous avez l’autre voie. Vous regardez autour de vous, vous voyez un pissenlit, et là, vous savez ce qu’il en est du soleil. Parce que la structure est la même. Le pissenlit, à mon sens, est comme un petit frère égaré du soleil. Il aime tellement son grand frère, qu’il s’est mis à lui ressembler. Dans l’infime, vous avez l’immense. La contemplation vous donne ce que l’information ne vous donnera jamais. La contemplation a besoin de s’appuyer sur du très peu, du très simple. Elle est semblable à ce royaume dont parle le Christ, qui est tout entier contenu dans un grain de sénevé."

extraits d'une interview trouvé dans le magasine Clé : http://www.cles.com/entretiens/article/trouver-le-divin-dans-le-presque




samedi 19 mai 2012

Ephémère




Il est vain de vouloir effacer les traces,
Les traces ne concernent que la surface,
Et ce qui vit à la surface est éphémère,
comment effacer l’éphémère,
se heurter au barrière du temps qui nous à fuit depuis longtemps,
se forger un rempart dans l'oubli,
un rempart pour nous protéger de quoi ?
Du passé ?
De ce que l'on voit?
De ce que l'on est ?
Où est le vivant dans cela ?
Est-il dissimulé dans les traces ?
Est-il une vision du futur ?
Ou simplement  notre nature ?
Le vivant est pur vibration de l'instant,
alors rien, 
rien n'est important,
puisque tout est-là.
Et puisque rien n'est important,
rien ne vaut qu'on ne l'efface,
rien ne vaut qu'on ne le montre
n'est important que l'importance
la liberté c'est le silence,

*
Je suis heureuse d'avoir appris à parler,
de ne plus avoir peur de m'exprimer,
des mots sont sortis de mes mains,
de ma bouche.
Et ce n'étais pas important
mais comment l'aurais-je su,
si ils étaient resté dedans :)
*

vendredi 18 mai 2012

Être et devenir - Krishnamurti


Devenir est la continuation du temps, de la douleur. "Devenir" ne contient pas "être". Être est toujours dans le présent, et être est la forme la plus haute de transformation. Devenir n'est que continuité modifiée, et il n'y a transformation radicale que dans le présent, dans "être".


Krishnamurti

source : être et conscience 2 : la piqure du scorpion

mercredi 16 mai 2012

Printemps



Nous avons tous un printemps à fleurir.

* 
En lien avec la note précédente, (voir la réponse au commentaire de Frédéric), je vous propose un extrait d'un entretien avec Fabrice Midal, au sujet de Rilke proposé par le magasine Cles : 

"Soulignons le paradoxe : pour aimer, il faut entrer dans un travail que seule la solitude rend possible. Chez Rilke, cet engagement est passé par la nécessité de voyager sans cesse, sans jamais se fixer. Ses voyages en Russie, Égypte, Italie, Espagne, Suède, Suisse, et à Paris, ont joué un rôle majeur dans son œuvre et il en parle comme personne d’autre. Chaque fois, il cherche à se mettre à l’unisson d’une situation donnée, à sortir de lui-même pour mieux laisser l’espace du monde et l’espace intérieur devenir un.
Cette leçon me bouleverse d’autant plus que Rilke, comme peu d’autres hommes dans l’histoire de l’Occident, a assumé cette conviction profonde, non seulement dans ses écrits mais à chaque moment de sa vie — comme en témoigne cette anecdote. On est en 1906 et il se promène avec une amie au Jardin du Luxembourg. Devant la grille, une vieille femme mendie. Ses yeux ne se lèvent jamais vers les passants, aucune prière ne sort de ses lèvres. Elle mendie, le dos rond toujours couvert d’un fichu noir. Rilke a l’habitude de déposer dans ses mains une aumône. La vieille femme, sans lever la tête, ne dit jamais un mot de remerciement. Ce jour-là, l’amie dit à Rilke : « Elle est peut-être riche et possède une cassette comme l’Harpagon de Molière ! » Rilke ne répond que par un léger regard de reproche et poursuit jusque devant la mendiante, qui vient juste de s’installer dans sa pose sans avoir encore rien reçu. Le jeune homme s’incline alors avec respect et dépose une rose sur les genoux de la vieille dame. Celle-ci lève alors les yeux sur Rilke, et avec un geste prompt lui saisit la main, la baise. Puis elle se lève et s’en va à petits pas usés — sans mendier davantage ce jour-là. Ce fut pour la jeune femme une immense leçon. Rilke, écrirait-elle plus tard, rendait les êtres beaux, leur suggérant des gestes descendus directement de la plus haute noblesse. L’essentiel est l’amour. Mais l’amour ne se montre qu’à celui qui reconnaît qu’il ne sait pas aimer et que l’amour est toujours plus vaste que toutes nos idées ou projets, qu’il est nécessaire à chaque moment, même dans la rencontre brève avec une inconnue. Alors, pour reprendre un des mots décisifs de Rilke, il nous métamorphose."
  

lundi 14 mai 2012

Questions - Rainer Maria Rilke




"Soyez patient envers tout ce qui n'est pas résolu dans votre cœur et essayez d'aimer les questions elles-mêmes, comme si elles étaient des salles verrouillées ou des livres écrits dans une langue qui vous est étrangère. Ne cherchez pas les réponses maintenant car elles ne peuvent vous être données, vous ne seriez pas en mesure de les vivre. L'important c'est de tout vivre ! Vivez les questions maintenant ! Peut-être serez vous alors progressivement capable, sans même vous en apercevoir, de vous approcher doucement des réponses."

- Rainer Maria Rilke
Je "remonte" cette note afin d' informer  les lecteurs que j'ai regroupé  mes deux blogs dans celui-ci. ce jour.


Suspendue



Immobile,
 La lumière danse 
La matière se fait transparence.

dimanche 13 mai 2012

Page blanche


Une fleur est tombée,
Et sur la page blanche,
Les ombres semblent danser.

Embrasser la vie



Nous avons un cœur pour chanter,
Nous avons des jambes pour danser,
Et toute la vie à célébrer,
Et si Nous avons"toute une vie pour grandir"
Nous n'avons qu'aujourd'hui pour embrasser cette vie.



samedi 12 mai 2012

La force du coquillage



La force du coquillage est de savoir s'ouvrir,
 afin de découvrir la perle qui l' habite.

lundi 7 mai 2012

Les chemins de demain



Je n'étendrais pas mes ailes au reflet du miroir, pas plus que mes mots ne toucheront de leur plume la transparence du cristal. Il est tombé trop de neige et la pluie à tout emportée, la valse des nuages, et le chant des étoiles.
Il me faudrait  a présent aller à la dernière page du livre, refermer les hivers les histoires d'hier. Ainsi avancer droit vers le soleil et un pied devant l'autre.
Nous ne regarderons plus les plages de sable blanc. Nous n'écouterons plus le cri des coquillages . Et le sel sur mes lèvres n'aura plus le goût de tes rêves, tout les poissons les ont mangé.
Je te l'ai dit pose les mots comme ils te viennent, mais ne leur vole pas leur rêve. Les mots rêvent encore sur les pages d'hier pour inventer les chemins de demain.

*

La parole est d'argent, le silence est d'or, mais les vies dansent sur la musique.
A chaque instant son rythme,
A chaque jour sa couleur.