Je voulais écrire un poème, un poème de dessus les toits. Des mots qui dégringolent, comme une pluie joyeuse, qui claquent sur les tuiles, et qui chantent à tue-tête dans les rigoles du temps . Des mots qui coursent les ruisseaux au travers les plumes et le chant des oiseaux . Des mots qui font la courte échelle aux gueux et aux enfants pour qu'ils embrassent le soleil . Des mots qui croquent la terre, ce ventre gorgé d'amour, tendu par l'impatience de s'ouvrir aux coroles parfumées des étoiles. Des mots qui tremblent de sentir la nature soulever ses voiles d'un geste délicat pour lisser le vert tendre de sa robe de soi. De ses mots que le silence enfante lorsque la lune est pleine et que la solitude se plait à nous tenir compagnie.
Et soudain me prit l'abandon. Je me suis laissée entrainer dans cette danse légère.
Et soudain me prit l'abandon. Je me suis laissée entrainer dans cette danse légère.
Les mots ont chantés leur prière.
Ils ont versé leurs rires dans le parfum des fleurs.
Ils ont noyé leurs larmes dans les jardins d'hier .
Ils ont noyé leurs larmes dans les jardins d'hier .
Puis enfin les mots ont souris .
Et j'ai posé mes yeux sur les toits de l'ivresse comme une l'âme éperdue de voir cette eau si pure qu'elle ne saurait boire.







