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lundi 7 mai 2012

Dessus les toits





Je voulais écrire un poème, un poème de dessus les toits. Des mots qui dégringolent, comme une pluie joyeuse, qui claquent sur les tuiles, et qui chantent à tue-tête dans les rigoles du temps . Des mots qui coursent les ruisseaux au travers les plumes et le chant des oiseaux . Des mots qui font la courte échelle aux gueux et aux enfants  pour qu'ils embrassent le soleil . Des mots qui croquent la terre, ce ventre gorgé d'amour, tendu par l'impatience de s'ouvrir aux coroles parfumées des étoiles. Des mots qui tremblent de sentir la nature soulever ses voiles d'un geste délicat pour lisser le vert tendre de sa robe de soi. De ses mots que le silence enfante lorsque la  lune est pleine et que la solitude se plait à nous tenir compagnie.




Et soudain me prit l'abandon. Je me suis laissée entrainer dans cette danse légère. 



Les mots ont chantés leur prière.
Ils ont versé leurs rires dans le parfum des fleurs. 
Ils ont noyé leurs larmes dans les jardins d'hier . 
Puis enfin les mots ont souris . 

Le ciel et le vent les portaient dans leur corbeille d'argent. Ils en ont tiré la substance et tissé des habits de printemps pour couvrir leurs corps d'amour et de lumière. 
Et j'ai posé mes yeux sur les toits de l'ivresse comme une l'âme éperdue de voir cette eau si pure qu'elle  ne saurait  boire.



lundi 27 février 2012

L'oiseau de brume


C'est un oiseau de brume, un oiseau de la lune, il marche dans son ombre, sur les rives d'un lac ou les barques  reposent sur les reflets d'hier.
Perdu dans les reflets et noyé dans la brume, il ne sait ni les plumes ni le vent dans ses ailes, il a tout oublié. Il a cru si longtemps que cette ombre ténue, accrochée à ses pieds l'empêchait de voler. il ne voyait au loin  que la valse floutée des silhouettes  grises des bateaux de passage  ... Pourtant  au bout du gris, au delà  des nuages, le ciel est toujours bleu … Le bleu est de tout temps, de tous vents de tout lieux. On le lui avait dit et l'oiseau y croyait. Le souffle de voix lointaines provenant des bateaux  murmuraient bien souvent les jours d'épais brouillard: le bleu est là, accroche toi au bleu !
Les yeux écarquillés scrutant le coton blanc, il se disait : "courage, le bleu est là ..." Mais le bleu, l' oiseau de brume en avait oublié la couleur. Et il aurait aimé voler la haut, derrière les nuages pour s'emplir d'azur. Mais  avec cette ombre accrochée à ses pattes il était bien évidemment condamné à marcher sur les rives d'un lac où les barques reposent sur les reflets d'hier...

Pour ceux qui se demandent comment dans le pays des brumes, sans bleu et sans soleil un oiseau peut marcher dans son ombre, j'ai envie de répondre : pour la même raison qui l'oblige à demeurer au sol attaché à cette ombre ….





mardi 14 février 2012

Liberté (2)


Je vous  propose un rêve fait il y a quelques temps et qui avec d'autres rêves m'ont amenés a réfléchir sur ce qu'était "être libéré".

Dans ce rêve je vois une lune pleine magnifique , auréolée d'une lumière violette, un trait de lumière sort de cette auréole et dessine une croix lumineuse violette dans le ciel, puis deux, puis 3 puis 4 , etc...pour finir le ciel est zébré de croix violettes. Puis j’entends une voix qui dit, elle est libérée...

De quoi est-elle libérée, qu'est-ce que la vrai liberté, qu'est-ce qu 'être libre ?
J'ai un peu répondu a cela dans la poésie de la note précédente, pour moi être libre, c'est être libre de toute attente dans nos "attachements", être libre c'est, dans ce détachement de nos attentes sur l'autre, sur la vie être encore plus relié à l'autre, relié à la vie relié à soi.
Dans ce rêve toute les croix dans le ciel sont lumières, reliées par la lumière . cette lumière est au cœur de la nuit celle qui nous réveille, celle qui nous révèle, celle qui nous unis.  Cette lumière lunaire, cette lumière qui irradie au cœur de la nuit me parle comme me parle la lune, comme me parle le ventre, le sein maternel dans sa capacité d’accueil et de don sans rien attendre en retour que le bien être de son enfant.
La lune reçoit la lumière elle l’accueil en son sein puis nous la renvoie pour éclairer nos nuits. 
Ainsi la lune est libre, ce qu'elle reçoit librement, elle le donne librement a ceux qui comme elle veule bien recevoir ce cadeau qu'est la lumière .
Mais la lune est aussi reliée a la terre , au soleil, aux autres astres par des phénomènes d'attraction générés par la matière.
Comme la lune nous somme matière, animé par des phénomènes d'attractions et de répulsions, comme la lune aussi nous somme libre d’accueillir et de rendre la lumière que nous recevons.

*

« Si vous demeurez dans ma parole,
vous serez mes disciples,
Vous connaîtrez la vérité.
La vérité vous rendra libre. »
Évangile de Jean (VIII,31-32)
 




lundi 13 février 2012

Liberté


Le goût de la liberté,
à partager,
dans l'amour,
c'est apprécier la liberté de l'autre
tout autant que la sienne.
Nous sommes libre de nos choix,
libre de nos actes,
libre de nos pensées,
lorsque je m'accorde à cette liberté,
je t'accorde (à ) cette liberté,
et cette liberté me comble bien plus que toutes les réponses à  mes attentes .
Libre d'attentes
 je me  réjouis bien plus encore de TA liberté
 que de la mienne.
Je me réjouis de CE QUI EST et qui nous offre à toi comme à moi cette liberté
Pourtant ce n'est pas la liberté que j'aime.
Mais cet état me permet de me réjouir de CE QUI EST.
*
être
Ce qui est,
dans cette liberté,
c'est CELA l'Amour.

*




dimanche 17 avril 2011

Ronde de lune


Parfois quand la lune devient ronde,
Mes griffes se tendent sous ma peau,
et mon poil se dresse sur mon dos.
Alors me viennent de drôles d’idées :
Courir à en perdre haleine.
Fuir tous ces liens, toutes ces chaînes.
Goûter la terre dessous mes pieds,
Braver la pluie et la tempête,
Puis lever la tête vers le ciel,
Et hurler plus fort que le vent.
Bientôt la lune sera pleine…
Et plutôt qu’aboyer ma prière,
Je vous propose ces quelques vers …
*
Fleur de nuit,
Je trace la courbe de mes humeurs dans l’onde trouble de tes rondeurs,
*
Fille de brume,
Je capte tes saveurs lactées, au reflux des nocturnes heures,
*
Lumière d’ombre,
Mes peurs se fondent dans l’instant où émergent tes premières lueurs,
*
Troublante amie,
  L’ivresse se mêle à la douceur, dans le flot salé de mes rires…


 

vendredi 19 novembre 2010

Peau d'âme


-
Lentement je défais,
L'ourlais de ma peau,
Elle ondule elle glisse,
Comme une robe usée,
D'avoir été portée,
Par le regard de l'autre,
Elle tombe à mes pieds,
Soudain me voilà nue,
Je frisonne d'effroi,
Aucune carapace,
Pour couvrir mon espace
Je frissonne de joie,
Enfin je me sens libre,
Ivresse de l'instant
Ou le vent me transperce,
Et m'offre le tourment
D'une ultime caresse,
Enfin je me sens être,
Sous le feu du soleil,
Ou j'ai le cœur qui brule,
De pouvoir tant aimer,
Enfin je me sens naitre,
Au rayon de la lune,
Ou je peux m'abreuver,
De saveurs lactées.
Dessous le pli des mots,
Au filet de la phase,
Se tisse le langage,
Se façonne le voile,
Qui habille mon âme.


jeudi 1 juillet 2010

Ombre lune

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Au clair de mon âme, mon amie la lune,
Prête-moi tes larmes, pour tremper ma plume.
Les chants d’elle écharnent les mots qu’elle exhume,
Consumant sans flamme ses haillons de brume.

Ô chair de la femme, couverte de sang,
Prête-moi tes armes pour rompre le rang.
Les Chants d’elle fanent sous les coups violents,
Noyant dans les larmes les dieux et le vent.

Ô clair de la trêve, âme pantomime,
Prête-moi tes lèvres, pour bercer ses rimes.
Les chants d’elle crèvent, des mots qui l’abîment,
Que posent sur la grève, l’amour qui la brime

Ô pairs des flammes, ou brule l’encens,
Tend ton oriflamme pour ouvrir le champ,
Les chants d’elle rament à contre courant,
Sésame mélomane, elle porte en son sang.

Ô fleur de sel, parfume le silence,
Sublime l’étincelle et qu’en ta présence,
Les chants d’elle veillent l’ode de l’essence,
Cheminent avec elle, guident ses pas de danse.